
Où en est l’adoption de l’IA dans la gestion des risques et la conformité ?
L’intelligence artificielle s’est vite imposée dans les discussions sur la gestion des risques et la conformité. Les gros titres mettent souvent en avant ses possibilités, mais les responsables conformité se posent des questions plus concrètes. Où l’IA peut-elle apporter de la valeur ? Quels risques présente-t-elle ? Et comment l’adopter de manière responsable ?
Le Rapport NAVEX 2026 sur l’état des risques et de la conformité montre que de nombreuses organisations ont dépassé le stade de la réflexion pour passer à la mise en œuvre. Un constat se dégage des données recueillies. La réussite de l’adoption de l’IA dépend autant de la gouvernance et de la supervision humaine que de la technologie elle-même.
Voici cinq enseignements clés de l’enquête.
1. L’IA est déjà bien intégrée dans les outils de conformité
Près de la moitié des personnes interrogées (49 %) dans le cadre de notre enquête mondiale 2026 déclarent utiliser l’IA pour évaluer les risques et leur attribuer un score. C’est l’usage le plus répandu en matière de conformité, suivi de près par la formation (45 %). Par ailleurs, 41 % indiquent l’utiliser pour produire des rapports et analyser les données de leur programme. Toujours selon cette enquête, les organisations ont aussi recours à l’IA pour gérer leurs règles et procédures internes (27 %), assurer le suivi et la surveillance (28 %) et appuyer les enquêtes (27 %).
Ces usages ont un point commun. Ils aident les équipes conformité à traiter l’information plus efficacement, à repérer plus rapidement des tendances et à consacrer plus de temps aux tâches à plus forte valeur ajoutée.
L’IA peut aider les équipes à étendre la portée de leur expertise en conformité, sans s’y substituer.
2. La prochaine vague d’adoption vise à mieux outiller les employés
Si l’évaluation des risques est aujourd’hui le premier domaine d’utilisation de l’IA, les organisations prévoient de concentrer leurs principaux investissements sur d’autres usages au cours des douze prochains mois.
Selon l’enquête, 61 % des répondants prévoient d’utiliser l’IA pour la formation à l’éthique et à la conformité, tandis que la moitié des personnes interrogées envisagent de développer leurs capacités de suivi et de surveillance grâce à l’IA. Près de la moitié (46 %) compte s’en servir pour appuyer les enquêtes, notamment pour examiner les éléments de preuve, repérer des tendances et rédiger des rapports.
Cette évolution indique que les organisations voient de plus en plus l’IA comme un moyen de renforcer les activités quotidiennes de conformité, au-delà de l’automatisation des tâches administratives.
Son utilisation dans la formation mérite une attention particulière. Face à l’évolution constante des exigences réglementaires, l’IA permet de personnaliser l’apprentissage, d’adapter les contenus aux différents publics et de proposer des formations plus pertinentes, sans alourdir la charge administrative. L’adaptation rapide et la création de nouveaux rapports constituent l’un de ses principaux atouts. Les responsables conformité et formation doivent toutefois veiller à ce que les contenus créés par l’IA restent soumis à une supervision humaine et à un regard critique lors de leur déploiement.
3. L’optimisme progresse, les attentes restent réalistes
Les opinions sur l’IA sont souvent polarisées. Certains y voient des bénéfices considérables, tandis que d’autres redoutent ses conséquences. L’enquête dresse un tableau plus nuancé.
Près d’un tiers des répondants (32 %) estiment que l’IA transformera en profondeur leur programme de gestion des risques et de conformité, avec des gains majeurs d’efficacité et de performance. Ils sont 22 % à en attendre des améliorations modérées. Par ailleurs, 17 % jugent qu’il est encore trop tôt pour évaluer son impact global, et 17 % considèrent que le bilan entre bénéfices et risques reste incertain. Seuls 4 % pensent que l’IA apportera plus de risques que de bénéfices.
Ces résultats témoignent d’un pragmatisme avisé.
Les responsables conformité reconnaissent généralement le potentiel de l’IA. Ils savent aussi que la réussite de son déploiement repose sur une gouvernance bien pensée, des données fiables et des responsabilités clairement définies. La technologie seule ne suffit pas à améliorer les résultats en matière de conformité. La valeur de l’IA dépend avant tout de la manière dont les organisations la déploient et en supervisent l’utilisation.
4. La conformité influence les décisions liées à l’IA, mais elle peut peser encore plus
L’un des résultats les plus encourageants de l’enquête est l’implication croissante des équipes conformité dans les décisions de leur organisation en matière d’IA.
Ainsi, 71 % des répondants déclarent que leur fonction conformité est très impliquée ou assez impliquée dans les décisions de gouvernance de l’IA. Près d’un tiers indique qu’elle est consultée dès le départ et dispose de l’autorité nécessaire pour bloquer les déploiements problématiques.
Ce résultat montre que la gouvernance de l’IA est perçue comme une responsabilité qui dépasse le seul périmètre informatique. Par leur expertise des obligations réglementaires, des décisions éthiques, des règles et procédures internes et de la gestion des risques, les équipes conformité aident les organisations à déployer l’IA de manière responsable.
L’enquête révèle toutefois une marge d’amélioration. Dans près de trois organisations sur dix, la fonction conformité reste peu ou pas associée aux décisions liées à l’IA. À mesure que les réglementations évoluent dans le monde, une collaboration plus étroite entre les équipes conformité, risques, juridiques et informatiques devient essentielle.
5. Une IA responsable repose sur les personnes, les processus et la gouvernance
L’enseignement majeur de l’enquête de cette année est peut-être que l’adoption de l’IA et sa gouvernance doivent progresser ensemble.
Les organisations étendent l’utilisation de l’IA à différentes activités de conformité, mais leur réussite ne se mesurera pas au seul nombre d’usages déployés. Elle dépendra de leur capacité à préserver la confiance, à garantir la transparence et à maintenir les personnes au cœur des décisions essentielles.
Les programmes de conformité les plus efficaces associeront l’IA à une gouvernance solide, à des règles claires et à une supervision humaine continue. L’IA peut aider les équipes à repérer les risques plus rapidement, à tirer des enseignements de grands volumes de données et à gagner en efficacité opérationnelle. Les professionnels expérimentés de la conformité restent toutefois indispensables pour comprendre le contexte, exercer leur jugement et construire une culture éthique.
L’avenir de la conformité ne se résume pas à un choix entre l’humain ou l’IA. Il repose sur l’expertise humaine, renforcée par une IA responsable.
Rapport sur l'état des risques et de la conformité en France 2026 : les chiffres clés
Maturité, prise de parole, pression réglementaire, IA : découvrez ce que les chiffres 2026 révèlent sur l’évolution de la conformité en France.

Quelles perspectives pour la suite ?
Le rapport NAVEX 2026 sur l’état des risques et de la conformité confirme que l’IA prend une place importante dans les programmes de conformité et que les organisations l’adoptent de manière réfléchie.
Cette tendance est encourageante. Pour innover de manière responsable, il reste essentiel de concilier efficacité et responsabilité, automatisation et supervision, technologie et confiance. Les organisations qui intègrent dès aujourd’hui la gouvernance de l’IA à leur stratégie de conformité seront mieux préparées à s’adapter aux évolutions des réglementations, des attentes et des technologies.
Comment NAVEX peut vous accompagner
À mesure que l’IA est déployée dans les programmes de conformité, il devient essentiel de relier les processus et de s’appuyer sur une gouvernance solide. NAVEX aide les entreprises à utiliser l’IA pour mener leurs enquêtes, gérer leurs règles et procédures internes, produire leurs rapports et identifier les risques.
Conçues pour ces activités, ses solutions intégrant l’IA vous permettent de travailler plus efficacement tout en gardant le contrôle et en assurant une répartition claire des responsabilités.


