Le guide pour concevoir un dispositif d’alerte sécurisé, aujourd’hui et demain
Un dispositif d’alerte sécurisé protège les signalements tout au long de leur traitement, de leur réception jusqu’à la clôture de l’enquête. Il offre aux collaborateurs et aux autres parties prenantes un moyen de signaler des préoccupations de manière confidentielle ou anonyme tout en garantissant à l’organisation un traitement sécurisé des informations et un suivi rigoureux des dossiers.
Deux approches sont possibles. Vous pouvez développer et gérer votre dispositif en interne, auquel cas votre organisation est responsable de l’ensemble du processus, ainsi que des mesures techniques et organisationnelles nécessaires pour garantir sa sécurité dans la durée. Vous pouvez également faire appel à un prestataire spécialisé et utiliser une plateforme dédiée à la gestion sécurisée des signalements et des enquêtes, ce qui vous évite d’avoir à concevoir, exploiter et maintenir cette infrastructure vous-même.

En quoi consiste la sécurité d’un dispositif d’alerte ?
La sécurité d’un dispositif d’alerte repose sur l’ensemble des mesures destinées à protéger un signalement tout au long de son traitement, de son dépôt jusqu’à sa clôture en passant par le suivi et l’enquête. Un dispositif sécurisé permet aux collaborateurs et aux autres parties prenantes de signaler une préoccupation de manière confidentielle ou anonyme tout en garantissant que seules les personnes qui y sont habilitées pourront accéder aux informations et que chaque dossier sera traité dans un cadre strictement confidentiel.
Un dispositif d’alerte n’est efficace que si les personnes ont confiance dans le canal mis à leur disposition. Si elles redoutent que leur identité puisse être révélée, que les données ne soient pas suffisamment protégées ou que des personnes non autorisées puissent consulter leur signalement, elles risquent de ne rien dire, de s’adresser directement à une autorité externe ou de s’autocensurer. L’organisation perd alors en visibilité sur ses risques, détecte plus tard les comportements inappropriés ou les incidents de sécurité et accroît son exposition aux risques juridiques et réputationnels.
Avec le temps, des failles de sécurité ou même le simple sentiment que le dispositif n’offre pas des garanties suffisantes peuvent durablement éroder la confiance des collaborateurs. Les signalements se raréfient, les risques sont détectés plus tard et l’efficacité du programme de lancement d’alerte s’en trouve progressivement affaiblie.
La sécurité, pilier de la confiance dans le dispositif d’alerte
Les signalements contiennent souvent des informations que les collaborateurs n’oseraient partager par aucun autre canal au sein de l’entreprise. Un dispositif d’alerte doit donc démontrer que ces données sensibles sont traitées dans un cadre strictement sécurisé, et non échangées par e-mail, stockées dans des fichiers personnels ou accessibles à des personnes qui n’ont aucun rôle dans le traitement du dossier.
Les données de notre Rapport de référence 2026 sur le lancement d’alerte et la gestion des incidents en Europe montrent à quel point cette confiance est déterminante. En 2025, le taux médian de signalements anonymes atteignait 58 % en Europe. Ce chiffre montre qu’une grande partie des lanceurs d’alerte choisissent de préserver leur anonymat lorsqu’ils effectuent un signalement.
Pour autant, l’anonymat ne doit pas empêcher le dialogue. Les enquêteurs ont souvent besoin de poser des questions complémentaires ou de demander des précisions. Un dispositif sécurisé doit donc permettre aux lanceurs d’alerte anonymes de revenir facilement sur la plateforme pour consulter les messages qui leur sont adressés et y répondre en toute sécurité. En 2025, les données NAVEX montrent que 31 % des signalements anonymes ont donné lieu à des échanges complémentaires. Ce taux progresse régulièrement, mais reste inférieur à un tiers des dossiers suivis depuis que nous mesurons cet indicateur.
Les fonctionnalités de sécurité indispensables d’un dispositif d’alerte
Un canal de signalement ne garantit pas à lui seul la sécurité des alertes qu’il reçoit. Pour protéger efficacement les lanceurs d’alerte et les informations sensibles, un dispositif d’alerte doit intégrer un ensemble de mesures techniques et organisationnelles qui assurent sa sécurité dans la durée.
Authentification multifacteur (MFA)
L’authentification multifacteur (MFA) devrait constituer un standard de sécurité pour tout dispositif d’alerte. Elle doit être complétée par un contrôle des accès au niveau de chaque dossier afin que les utilisateurs ne puissent consulter que les signalements dont ils sont responsables.
Lorsqu’un dossier est partagé entre les équipes conformité, RH, juridique ou des intervenants externes, la plateforme doit permettre d’ajouter ou de retirer facilement les personnes autorisées, tout en limitant leur accès aux seules informations nécessaires à leur mission.
Chiffrement des données en transit et au repos
Le chiffrement protège les données en les rendant illisibles sans les clés d’accès appropriées.
Les données en transit correspondent aux informations qui circulent dans le système, par exemple lorsqu’un signalement est envoyé ou qu’un échange a lieu entre le lanceur d’alerte et l’enquêteur. Les données au repos sont celles stockées dans la plateforme, comme les pièces jointes, les notes d’enquête ou l’historique des dossiers.
Un dispositif d’alerte sécurisé doit protéger ces deux catégories de données. Les signalements contiennent souvent des informations personnelles, des allégations sensibles et des éléments de preuve qui nécessitent un niveau de protection élevé.
Anonymisation des adresses IP et suppression des métadonnées
L’anonymisation des adresses IP masque ou supprime les informations qui permettent d’identifier l’origine d’un signalement. La suppression des métadonnées élimine les informations invisibles contenues dans les fichiers ou les échanges, telles que les propriétés des documents, les informations sur l’appareil utilisé ou les données du navigateur.
Ces éléments techniques peuvent révéler l’identité d’un lanceur d’alerte à son insu, notamment lorsqu’il effectue un signalement depuis un ordinateur professionnel ou le réseau de son entreprise. Un dispositif sécurisé doit donc protéger non seulement les informations renseignées dans le formulaire, mais aussi les traces techniques générées lors du dépôt du signalement.
Communication anonyme bidirectionnelle
Un dispositif sécurisé doit permettre aux lanceurs d’alerte anonymes de poursuivre les échanges avec les enquêteurs sans avoir à révéler leur identité.
Grâce à une messagerie sécurisée intégrée, ils peuvent consulter les demandes de précisions, transmettre des informations complémentaires et suivre l’avancement de leur dossier sans recourir à des échanges par e-mail. Cette fonctionnalité facilite le travail des enquêteurs tout en préservant l’anonymat du déclarant.
Journalisation des activités et piste d’audit
La journalisation enregistre toutes les actions réalisées sur un dossier : consultation d’un signalement, modification des informations, ajout de notes ou changement de statut.
Associée à une piste d’audit, elle permet de reconstituer facilement l’historique complet d’un dossier sans avoir à rechercher des informations dans des boîtes e-mail ou des fichiers locaux. Elle démontre également que les signalements ont été traités par les personnes habilitées, au bon moment et conformément aux procédures internes.
Redondance et sauvegarde des données
La redondance garantit la disponibilité du dispositif même en cas de défaillance technique, tandis que les sauvegardes permettent de restaurer rapidement les signalements, les échanges et les dossiers si nécessaire.
En cas d’interruption temporaire du service, les informations doivent pouvoir être récupérées sans obliger les équipes à utiliser des solutions de secours moins sécurisées, comme des fichiers locaux, des documents papier ou des échanges par e-mail. Les signalements reçus pendant une indisponibilité doivent être réintégrés dans le dispositif dès que celui-ci est de nouveau opérationnel.
Contrôle des accès basé sur les rôles
Le contrôle des accès basé sur les rôles limite la consultation des dossiers aux seules personnes qui interviennent dans leur traitement. Appartenir aux équipes RH, juridiques, conformité ou à la direction ne doit pas donner automatiquement accès à l’ensemble des signalements.
Chaque utilisateur ne doit pouvoir consulter que les dossiers qui lui sont attribués, et ses droits d’accès doivent être retirés dès lors qu’il n’intervient plus dans leur traitement. Ce principe du moindre privilège renforce la confidentialité tout en permettant aux enquêtes de se dérouler efficacement.
Quelles mesures techniques protègent l’anonymat des lanceurs d’alerte ?
Selon les données de notre Étude 2026 sur l’état de la gestion des risques et de la conformité dans le monde (en anglais), seules 53 % des entreprises proposaient un canal de signalement anonyme en 2025. Pourtant, 55 % des signalements reçus étaient anonymes. Ce constat montre qu’offrir cette possibilité encourage davantage de personnes à s’exprimer et permet à l’organisation de détecter plus tôt les risques et les comportements inappropriés.
Pour garantir efficacement l’anonymat des lanceurs d’alerte, un dispositif d’alerte sécurisé devrait notamment :
- Ne pas enregistrer, conserver ni afficher les éléments permettant d’identifier un déclarant anonyme, notamment les adresses IP, les informations sur l’appareil utilisé, les données du navigateur ou les métadonnées associées aux fichiers.
- Supprimer automatiquement les métadonnées sensibles (comme le nom de l’auteur d’un document) avant que les pièces jointes ne soient mises à la disposition des personnes chargées du traitement du dossier.
- Permettre des échanges anonymes directement dans la plateforme, afin que les lanceurs d’alerte puissent consulter les demandes de précisions, répondre aux enquêteurs et transmettre des informations complémentaires sans recourir à l’e-mail ni révéler leur identité.
- Sécuriser l’ensemble des échanges grâce à un canal de communication chiffré, aussi bien pour le dépôt du signalement que pour les échanges ultérieurs, y compris lorsque des traductions sont nécessaires.
- Limiter strictement l’accès aux dossiers aux seules personnes chargées de leur traitement, en particulier lorsque le signalement concerne une équipe restreinte, un service ou un site spécifique, où le risque d’identification est plus élevé.
- Conserver une piste d’audit complète retraçant les consultations et les modifications apportées au dossier, afin de garantir que les mesures de protection de l’anonymat sont respectées tout au long de l’enquête.
RGPD, directive européenne et localisation des données : ce qu’il faut savoir
Dans de nombreux pays, notamment la France, la sécurité d’un dispositif d’alerte ne relève pas uniquement des bonnes pratiques : elle répond également à des obligations légales. Celles-ci influencent directement les fonctionnalités et les mesures de sécurité que la plateforme doit intégrer, notamment :
- Des canaux de signalement confidentiels, exigés par la directive européenne sur la protection des lanceurs d’alerte, afin de préserver l’identité des auteurs de signalements et des personnes mises en cause.
- Un accès strictement limité aux dossiers, conformément au principe de minimisation des données prévu par le RGPD : seules les personnes chargées du traitement d’un dossier doivent pouvoir y accéder.
- Un suivi sécurisé des signalements, assurant la confidentialité des échanges et le respect des délais légaux, notamment un accusé de réception sous sept jours et un retour d’information dans un délai maximal de trois mois.
- Des règles de conservation des données, conformes au principe de limitation de la durée de conservation prévu par le RGPD.
- Le chiffrement des données, cité à l’article 32 du RGPD comme mesure de sécurité destinée à protéger les données à caractère personnel.
- Des mécanismes de sauvegarde et de reprise d’activité, ainsi que des garanties adaptées pour les transferts internationaux de données, afin d’assurer la restauration des informations après un incident et de sécuriser les échanges entre juridictions.
Directive européenne sur les lanceurs d’alerte : quelles exigences ?
La Directive (UE) 2019/1937 impose aux organisations concernées de mettre à disposition des canaux de signalement sécurisés garantissant la confidentialité de l’identité du lanceur d’alerte et de toute personne mentionnée dans le signalement. Dans un logiciel dédié, cela implique un recueil sécurisé des alertes, un accès strictement contrôlé aux dossiers et un canal protégé pour assurer le suivi des échanges tout au long de l’enquête.
Pour les organisations présentes dans plusieurs pays européens, la conformité est plus complexe. Si tous les États membres ont transposé la directive dans leur droit national, les modalités d’application restent variables. Dans son rapport publié en 2024, la Commission européenne a d’ailleurs relevé plusieurs insuffisances dans la manière dont certaines législations nationales mettent en œuvre les exigences de la directive.
RGPD : quelles obligations pour les dispositifs d’alerte ?
Dès lors qu’un signalement contient des données à caractère personnel, ce qui est le cas de la grande majorité des dossiers, le RGPD s’applique. Les signalements contiennent fréquemment des informations concernant le lanceur d’alerte, les témoins, les personnes mises en cause ou d’autres collaborateurs. Les mesures de protection doivent donc couvrir l’ensemble du dossier, et non le seul formulaire de signalement.
Pour être conforme au RGPD, un dispositif d’alerte sécurisé doit notamment limiter l’accès aux données personnelles aux seules personnes habilitées, définir une durée de conservation adaptée et protéger les données grâce à des mesures telles que le chiffrement, les sauvegardes, les dispositifs de reprise après incident et des contrôles réguliers de sécurité.
Localisation des données et transferts internationaux
La localisation des données détermine le pays dans lequel les informations relatives aux signalements sont stockées, accessibles et administrées.
Pour les organisations internationales, plusieurs éléments doivent être pris en compte : le lieu d’hébergement de la plateforme, les conditions d’accès des équipes de support ou encore le recours à des sous-traitants. Chacun de ces facteurs peut entraîner un transfert de données vers une autre juridiction et nécessiter la mise en place des garanties prévues par le RGPD ou par les réglementations locales applicables.
Cette question est particulièrement importante lorsqu’une même plateforme de lancement d’alerte est utilisée dans plusieurs pays. Les équipes juridiques, conformité et informatiques doivent savoir précisément où les données peuvent être transférées avant que des informations sensibles ne soient collectées, afin d’éviter tout risque de non-conformité.
Des réglementations qui continuent d’évoluer
En 2026, le cadre réglementaire applicable au lancement d’alerte continue d’évoluer dans plusieurs grandes juridictions. Les organisations multinationales doivent donc s’assurer que leurs dispositifs peuvent s’adapter rapidement aux nouvelles exigences en matière de signalement, de gestion des accès, de suivi des dossiers et de conservation des données.
Par exemple :
Australie : une révision des dispositions relatives à la protection des lanceurs d’alerte en matière fiscale et de droit des sociétés a été engagée en juin 2026 afin d’évaluer l’efficacité des protections existantes.
Canada : une révision de la Public Servants Disclosure Protection Act recommande de renforcer les protections fédérales, notamment en les étendant aux membres des forces armées et à certaines agences de renseignement.
Royaume-Uni : le projet de loi visant à créer un Office of the Whistleblower est toujours en cours d’examen au Parlement. En parallèle, depuis le 6 avril 2026, les signalements relatifs au harcèlement sexuel bénéficient explicitement de la protection offerte par le droit britannique sur les lanceurs d’alerte.
États-Unis : le SEC Whistleblower Reform Act of 2025 (S.1149) est toujours en discussion au Congrès. Il prévoit notamment de renforcer la protection contre les représailles, y compris pour les personnes qui effectuent un signalement en interne. Par ailleurs, le programme de la SEC demeure actif : en avril 2026, une récompense de plus de 50 millions de dollars a été attribuée à un lanceur d’alerte.
Pour les organisations présentes dans plusieurs pays, la sécurité d’un dispositif d’alerte ne peut donc pas être envisagée comme une simple liste de contrôles techniques. Les mesures de sécurité, les règles de gouvernance et les processus doivent pouvoir évoluer au rythme des exigences réglementaires afin de garantir une conformité durable.
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Comment communiquer efficacement sur votre dispositif d’alerte
Pour être efficace, un dispositif d’alerte doit être connu, compris et perçu comme fiable. Il est donc essentiel de rendre les différents canaux de signalement facilement accessibles, d’expliquer qui peut les utiliser et de préciser ce qu’il se passe après le dépôt d’un signalement. Les données de notre Étude 2026 sur l’état de la gestion des risques et de la conformité dans le monde (en anglais) montrent que 21 % des répondants estiment que les canaux de signalement de leur organisation sont peu clairs ou n’inspirent pas confiance. Ce chiffre souligne qu’un effort de communication reste nécessaire, quelle que soit la taille de l’entreprise.
La communication ne doit pas s’adresser uniquement aux collaborateurs. Dans les pays de l’Union européenne, la directive sur la protection des lanceurs d’alerte couvre toute personne ayant obtenu des informations dans un contexte professionnel, notamment les employés, les actionnaires, les bénévoles, les stagiaires, ainsi que les salariés des sous-traitants, fournisseurs et prestataires.
Veillez donc à intégrer des informations claires sur votre dispositif d’alerte dans l’ensemble des supports de référence de l’organisation, notamment :
- Le code de conduite
- La politique de lancement d’alerte
- Les formations et parcours d’intégration
- Les formations destinées aux managers
- Les campagnes de sensibilisation et supports de communication interne
- Les documents destinés aux fournisseurs, sous-traitants et autres partenaires
Instaurer un climat de confiance
La communication doit présenter le signalement comme une démarche responsable, utile à l’organisation et protégée par des garanties claires. Développer une véritable culture de la prise de parole passe par un message répété : les signalements effectués de bonne foi sont encouragés et les lanceurs d’alerte sont protégés contre les représailles.
Votre communication devrait notamment :
- Présenter le signalement de bonne foi comme une démarche responsable permettant d’identifier les risques le plus tôt possible
- Indiquer clairement si un signalement anonyme est possible et expliquer son fonctionnement
- Rappeler les protections dont bénéficient les lanceurs d’alerte
- Éviter toute formulation laissant entendre que signaler un problème est un acte de déloyauté ou une démarche réservée aux situations les plus graves
- Expliquer que les signalements sont traités de manière confidentielle et sécurisée
- Encourager les dirigeants et les managers à relayer régulièrement ces messages dans leurs échanges avec les équipes
- Sensibiliser tout particulièrement aux signalements liés au harcèlement, aux discriminations et aux représailles
- Assurer une parfaite cohérence entre le code de conduite, les politiques internes et les formations
Expliquer quels sujets doivent être signalés
Former les collaborateurs ne consiste donc pas uniquement à leur indiquer où trouver le canal de signalement. Une communication efficace leur permet aussi de reconnaître les situations qui justifient un signalement et de choisir le canal le plus approprié.
Vos supports doivent notamment :
- Expliquer quels comportements ou situations méritent un signalement
- Illustrer ces situations à l’aide d’exemples concrets, comme la fraude, les représailles, les atteintes à la sécurité ou les violations graves des politiques internes
- Présenter les différents canaux disponibles (plateforme web, téléphone, application mobile ou autres modalités)
- Expliquer les informations attendues lors d’un signalement afin de faciliter son traitement
- Rappeler qu’il n’est pas nécessaire de disposer de preuves avant d’effectuer un signalement de bonne foi
- Préciser les situations qui relèvent plutôt des RH, de la paie, du support informatique ou d’autres processus internes
Expliquer comment les signalements sont protégés
Les personnes qui effectuent un signalement doivent savoir ce qu’il advient de leur dossier après sa transmission. La présentation claire du processus renforce la confiance et montre que les signalements sont traités dans un cadre sécurisé et maîtrisé.
Dans les États membres de l’Union européenne, votre communication doit aussi refléter les exigences de la directive sur la protection des lanceurs d’alerte (ou, en France, de la loi Waserman), notamment l’accusé de réception dans un délai de sept jours et le retour d’information dans un délai maximal de trois mois.
Abordez les détails du processus d’alerte et expliquez notamment :
- Comment le signalement est transmis et enregistré de manière sécurisée
- À quel moment le déclarant recevra un accusé de réception puis un retour d’information
- Comment les lanceurs d’alerte anonymes peuvent revenir sur la plateforme pour répondre aux questions ou transmettre de nouveaux éléments
- Quelles fonctions peuvent être amenées à traiter un signalement (conformité, RH, juridique ou enquêteurs désignés)
- Comment l’accès au dossier est limité lorsque le signalement concerne des personnes ou des faits sensibles
- Quelles sont les limites des informations qui pourront être communiquées au cours de l’enquête, afin de préserver la confidentialité, les données personnelles et, le cas échéant, le secret professionnel
Renforcez la sécurité de votre dispositif d’alerte grâce à une plateforme dédiée
Une plateforme numérique dédiée au lancement d’alerte permet de sortir les signalements sensibles des processus manuels, souvent dispersés et dépendants des pratiques de chacun, pour les intégrer dans un environnement sécurisé et maîtrisé. Plutôt que de s’appuyer sur des boîtes e-mail, des fichiers locaux ou des échanges informels, les équipes disposent d’un espace unique pour gérer les signalements, les pièces justificatives, les échanges avec les lanceurs d’alerte, les attributions de dossiers et l’ensemble de l’historique des enquêtes, dans un cadre conçu pour garantir la confidentialité.
Cette approche renforce la sécurité et l’intégrité du dispositif d’alerte tout au long du cycle de traitement des signalements. Les équipes bénéficient d’un processus cohérent pour recevoir, orienter, instruire et clôturer les dossiers, tout en réduisant le risque d’exposition des informations sensibles lié aux tâches quotidiennes. De leur côté, les lanceurs d’alerte sont plus enclins à utiliser un canal clairement identifié, sécurisé et spécialement conçu pour recueillir leurs signalements, plutôt qu’un processus interne susceptible de compromettre la confidentialité ou de retarder leur prise en charge.
Le choix entre développer un dispositif d’alerte en interne ou faire appel à un prestataire spécialisé est l’une des décisions les plus importantes lors de la mise en place d’un dispositif d’alerte sécurisé. De nombreuses organisations sous-estiment la complexité technique, juridique et opérationnelle qu’implique la conception et la maintenance d’une solution réellement sécurisée. D’après notre Étude 2026 sur l’état de la gestion des risques et de la conformité, seules 50 % des organisations interrogées déclarent avoir investi dans une solution spécialisée de gestion des signalements et des incidents.
Développer un dispositif en interne : avantages et limites
| Avantage potentiel | Compromis sécurité / efficacité opérationnelle |
|---|---|
| Conçu sur mesure pour s’adapter à l’organisation de l’entreprise | Vos équipes doivent mettre en place, puis maintenir les mécanismes d’anonymat, de contrôle des accès et de suivi sécurisé des signalements |
| Maîtrise complète du processus de signalement en interne | Une gestion en interne peut susciter des inquiétudes si les collaborateurs doutent de l’indépendance du dispositif ou de la protection de leurs signalements |
| Choix des technologies et des systèmes internes à intégrer | Les intégrations peuvent exposer les données des signalements à des risques de sécurité, de confidentialité et de contrôle des accès |
| Peut limiter le recours à des prestataires externes | La maintenance, les évolutions réglementaires, le support aux utilisateurs et la formation restent entièrement à la charge des équipes internes et nécessitent une expertise importante |
Pourquoi confier votre dispositif d’alerte à un prestataire spécialisé
L’externalisation du dispositif d’alerte permet de renforcer sa sécurité, de garantir une plus grande indépendance dans le traitement des signalements et de bénéficier de processus éprouvés, sans avoir à développer et maintenir l’ensemble de l’infrastructure en interne.
Les principaux avantages sont les suivants :
- Un canal de signalement plus indépendant : les collaborateurs disposent d’un canal distinct des circuits internes, particulièrement utile lorsque le signalement concerne des dirigeants, une équipe restreinte ou une situation de conflit d’intérêts.
- L’expertise d’un prestataire spécialisé : vous bénéficiez de l’expérience d’équipes habituées à recevoir, qualifier et accompagner le traitement de signalements sensibles, quels que soient le secteur d’activité ou la juridiction concernée.
- Une collaboration sécurisée avec des intervenants externes : les équipes juridiques, d’audit, de ressources humaines ou les enquêteurs externes peuvent intervenir sur un dossier sans recourir à des échanges informels ni compromettre la confidentialité des informations.
- Une charge allégée pour les équipes internes : vos équipes n’ont plus à concevoir, maintenir et faire évoluer seules l’ensemble de la plateforme et des processus de gestion des signalements. Vous réduisez aussi les risques liés au départ d’un collaborateur possédant des compétences clés.
- Des processus immédiatement opérationnels : vous bénéficiez dès le départ de flux de travail éprouvés pour la réception, l’orientation, le suivi et la documentation des signalements, sans partir de zéro.
Comment choisir un prestataire spécialisé
Choisir un prestataire, c’est confier à un partenaire des informations parmi les plus sensibles de votre organisation. La solution retenue doit inspirer confiance aux lanceurs d’alerte et offrir à vos équipes un environnement sécurisé, fiable et conforme pour traiter chaque signalement.
Lors de votre évaluation, vérifiez notamment que le prestataire propose :
- Des canaux de signalement sécurisés, accessibles via le web, le téléphone, une application mobile ou d’autres moyens adaptés à votre organisation
- Une communication anonyme bidirectionnelle, permettant aux lanceurs d’alerte de répondre aux demandes de précisions sans révéler leur identité
- Un contrôle précis des accès aux dossiers, afin de limiter la consultation, la modification et l’attribution des signalements aux seules personnes habilitées
- Une piste d’audit complète, retraçant les consultations, les modifications et les principales actions effectuées sur chaque dossier
- Des flux de travail configurables, permettant d’orienter automatiquement les signalements selon leur nature, leur localisation, leur niveau de gravité ou les règles d’escalade définies par votre organisation
- Une prise en charge des programmes internationaux, avec la gestion de plusieurs langues, juridictions et exigences réglementaires lorsque cela est nécessaire
- Une sécurité évolutive, capable d’accompagner votre programme, les évolutions réglementaires et la complexité croissante des dossiers, sans compromettre le niveau de protection
Logiciels et solutions de lancement d’alerte
Les solutions logicielles de lancement d’alerte NAVEX et nos outils de conformité assistés par l’IA vous aident à recueillir les signalements, respecter les réglementations internationales et …



