
À retenir
- Des équipes dispersées compliquent le déploiement de la conformité.
- Des outils adaptés permettent à tous les salariés d’accéder facilement aux dispositifs de conformité.
- Une prise de parole facilitée renforce la confiance et aide à mieux maîtriser les risques.
Les équipes industrielles ont changé
Dans l’industrie, parler d’une seule et même « équipe » à l’échelle de l’entreprise ne correspond plus vraiment à la réalité. La spécialisation croissante des activités a conduit à la multiplication des sites, chacun apportant son expertise à la fabrication du produit final. Ces sites sont souvent répartis entre plusieurs juridictions. Même les petites entreprises s’inscrivent dans cette évolution et s’approvisionnent couramment en composants et en matières premières auprès de chaînes de fournisseurs complexes.
Dans ces organisations très dispersées, les salariés peuvent se sentir fortement rattachés à leur site et à leur management local, mais beaucoup moins à l’entreprise dans son ensemble. L’éloignement du siège, le décalage horaire, la barrière de la langue et les subtilités culturelles peuvent alors favoriser des fonctionnements en silos, avec des outils et des méthodes propres à chaque site.
Les limites des programmes de conformité traditionnels
Dans le secteur industriel, la conformité doit toucher des salariés répartis entre différents bureaux, différentes usines, différents ateliers et parfois différents pays. À cette dispersion géographique s’ajoutent des métiers, des horaires et des conditions de travail très divers. Autant de réalités qui rendent difficile le déploiement d’un programme de conformité conçu et piloté de manière centralisée.
Pour être efficaces, les formations, les communications et les outils de conformité doivent s’adapter aux contraintes du terrain et rester accessibles à tous les salariés, quel que soit leur site ou leur métier.
Sur les sites de production éloignés du siège, par exemple, les messages de la direction ne parviennent pas toujours aux salariés de la même manière. La direction peut afficher un engagement fort en faveur de la conformité, mais si les managers de proximité ne le relaient pas au quotidien, les salariés peuvent être moins enclins à signaler leurs préoccupations.
Dans le secteur industriel, les professionnels de la conformité semblent bien conscients de ce décalage. Selon les données de l’ enquête NAVEX sur l’état des risques et de la conformité, 66 % d’entre eux estiment que les dirigeants encouragent la conformité et l’éthique au sein de leur entreprise, un chiffre qui tombe à 57 % pour les managers de proximité.
Les industriels doivent aussi veiller à ce que leur dispositif de conformité fonctionne de manière cohérente sur tous leurs sites. Cela passe notamment par des canaux de signalement adaptés aux différentes situations de travail : téléphone, plateforme en ligne, échange en personne, etc.
Les salariés doivent aussi pouvoir consulter facilement les règles et procédures internes pour savoir quels comportements ou situations signaler.
Ces difficultés se reflètent dans le nombre de signalements internes, qui donne une indication de la visibilité sur les risques et de la confiance des salariés dans le dispositif. En 2025, les entreprises du secteur industriel ont enregistré un taux médian de 1,10 signalement pour 100 salariés, contre 1,65 tous secteurs confondus, selon l’ analyse des données de signalement des clients de NAVEX.
Quand les risques du terrain échappent à la direction
Le manque de coordination entre les outils et les pratiques peut priver la direction d’une vision claire des risques sur le terrain. Sur un site où les salariés hésitent à signaler un problème, celui-ci peut passer inaperçu jusqu’à ce que ses conséquences deviennent difficiles à maîtriser.
Même difficulté lorsque les signalements sont gérés localement sans être centralisés dans un système commun. Les responsables des risques et de la conformité peuvent alors passer à côté de tendances ou de foyers de risque qui se dessinent sur certains sites ou dans certaines activités.
Cet enjeu de visibilité concerne aussi les fournisseurs. Selon les données du rapport NAVEX 2026 sur le lancement d’alerte, les personnes extérieures à l’entreprise sont à l’origine d’environ 10 % des signalements reçus, en valeur médiane. Ces signalements peuvent provenir de sources très diverses, notamment de salariés travaillant au sein de la chaîne d’approvisionnement qui choisissent d’alerter une autre entreprise plutôt que leur propre employeur.
Alors que les industriels dépendent fortement de leurs fournisseurs, ces signalements peuvent révéler des risques qui, autrement, resteraient hors de leur champ de vision.
Selon les données de l’enquête NAVEX, environ la moitié des conseils d’administration des entreprises industrielles reçoivent régulièrement des informations ou des tableaux de bord sur les performances en matière de conformité.
Par ailleurs, 42 % des professionnels du secteur interrogés indiquent que leur dispositif de signalement est aussi accessible aux tiers.
Faciliter la prise de parole pour mieux anticiper les risques
Lorsque les salariés prennent la parole, ils donnent à l’entreprise une meilleure visibilité sur les risques qui émergent sur le terrain. Encore faut-il leur proposer des moyens simples de signaler un problème et créer un environnement dans lequel ils se sentent suffisamment en confiance pour le faire.
Alors que le volume de signalements reste particulièrement faible dans l’industrie, les entreprises ont tout intérêt à faciliter la prise de parole. Les recherches montrent en effet qu’un niveau plus élevé de signalements est associé à de meilleurs résultats pour l’entreprise.
Les signalements permettent d’identifier certains risques plus tôt et de limiter l’exposition aux sanctions réglementaires ou juridiques, mais leur intérêt ne s’arrête pas là.
Lorsqu’ils sont nombreux, ils peuvent témoigner d’une confiance des salariés dans la capacité de l’entreprise à traiter les problèmes qui lui sont remontés. Cette confiance contribue à renforcer non seulement leur engagement et leur fidélisation, mais aussi la réputation de l’entreprise auprès de ses différentes parties prenantes.
Comment rendre la conformité plus accessible dans l’industrie ? Les données NAVEX montrent que les salariés utilisent différents canaux pour effectuer un signalement. Certains peuvent être particulièrement adaptés aux réalités d’un site, mais dans tous les cas, ils doivent être facilement accessibles et clairement identifiés.
Même principe pour les règles et procédures internes liées à la prise de parole en entreprise : les salariés doivent pouvoir les consulter facilement, que ce soit sur un portail en ligne, dans des documents disponibles sur leur lieu de travail ou directement depuis le dispositif de signalement.

Trois leviers pour renforcer la culture de la prise de parole
Quels que soient leur taille ou leur mode de fonctionnement, les industriels peuvent agir concrètement pour renforcer la culture d’éthique et de conformité auprès de leurs salariés.
La direction doit montrer l’exemple : les données NAVEX montrent que son engagement en faveur de la conformité fait la différence. Lorsque les dirigeants se montrent plus tolérants face aux risques, les entreprises sont aussi plus nombreuses à rencontrer des difficultés.
Dans les entreprises industrielles réparties sur plusieurs sites, l’engagement de la direction doit être visible partout et relayé au quotidien par les managers de proximité auprès de leurs équipes.
Prévenir les représailles et encourager les signalements : près de la moitié des professionnels des risques et de la conformité interrogés dans ce secteur citent la crainte de conséquences sur la carrière comme un frein à la prise de parole. Réelles ou redoutées, les représailles peuvent fortement dissuader les salariés de signaler un problème.
- Les salariés doivent être sûrs de pouvoir s’exprimer, de manière anonyme ou non, sans craindre de représailles.
Faciliter l’accès aux canaux de signalement et aux règles internes : les salariés doivent pouvoir signaler facilement un problème, quels que soient leur site ou leurs conditions de travail. L’accès à plusieurs canaux leur permet de choisir celui qui correspond le mieux à leur situation et à leurs préférences.
Tous les signalements, quel que soit le canal utilisé, doivent être centralisés afin de mieux repérer les risques et les tendances qui se dessinent sur les différents sites, voire chez les fournisseurs. Même principe pour les règles et procédures internes : elles doivent être faciles d’accès, et leur consultation peut aussi fournir des indications utiles sur les besoins des salariés.
Rendre la conformité accessible à tous les salariés
Dans l’industrie, chacun doit pouvoir accéder facilement aux outils de conformité, où qu’il travaille.
Découvrez comment une approche intégrée permet de mieux maîtriser les risques et de renforcer la résilience de vos sites et de votre chaîne d’approvisionnement.


